La voix et l’instrument de musique

Si j’ai souvent entendu de grands guitaristes parler de l’intérêt de chanter les notes que l’on joue à la guitare (particulièrement pour les mélodies, solos et improvisations), je n’ai jamais été témoin d’un professeur le faisant vraiment pratiquer en cours ou en “master class“, ou proposant une méthode concrète pour développer ce savoir faire.  Je remercie cependant tous ceux que j’ai entendu le conseiller (Hassan Hajdi , Christophe Godin , Guthrie Govan ), car c’est un conseil qui m’a orienté dans mes recherches et mes expériences musicales, et pédagogiques…

Ce qui me paraissait être extraordinaire, est en fait une façon de faire, et de transmettre tout à fait traditionnelle dans plusieurs cultures, encore aujourd’hui (en Inde par exemple…).

Maintenant cela me semble inconcevable de faire autrement. On retrouve dans l’ouvrage de Jean During, “L’Âme des Sons“, un extrait exprimant tout à fait ce point du vue, et mon ressenti sur le sujet:

“[…] Un des secrets des grands instrumentistes orientaux est que leur jeu traduit un chant silencieux dans leur esprit. Cette référence au chant comme matrice permet de préserver la structure essentielle de la mélodie tout en offrant des possibilités de variations à l’infini. De plus, le summum de l’art est de faire chanter ou même parler l’instrument.“

La voix est un accès direct à la poésie, que la mélodie révèle. Mon plus grand merci revient à Arnaud Didierjean qui m’a ouvert à ce type de relation à la musique, à travers le Dhrupad.

La voix, est également un moyen de s’unir, et de se fondre à l’instrument, afin que l’instrument de musique soit l’outil permettant à la voix intérieure de se manifester. Un autre extrait du livre de Jean During sur ce sujet :

“Lorsque l’unité est parfaite entre le geste et la forme, entre l’agent et l’instrument, il est possible de transcender les lois mécaniques et de mettre en action d’autres forces. Ce principe, bien connu des hautes traditions qui sont à l’origine des arts martiaux, se retrouve parfois dans la pratique musicale. […] Il ne s’agit donc pas tant de mettre en œuvre la force musculaire ou l’habileté technique que de parvenir à une totale intimité entre l’interprète et son instrument, laquelle se traduit par des sons d’une qualité et d’une puissance insoupçonnées. Les bons musiciens savent cela, mais il existe des degrés dans cette maîtrise.“

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